Petite enfant, j'aurais aimé m'appeler Marie, car, des trois prénoms que porte mon état civil, il était mon préféré, mais aussi le dernier. Et cela m'attristait.
Petite enfant, je jouais à la poupée, j'étais une maman miniature qui prenait plus que beaucoup soin de mes enfants en plastique.
Je pleurais beaucoup, fort, comme un chaton miaule pour que sa mère vienne le chercher. Car dans le fond, c'est ce que j'étais : un petit animal qui voulait qu'on s'occupe de lui tout en ne voulant pas qu'on l'approche...
Enfant, j'ai découvert deux choses qui changèrent ma vie et la vision que j'avais de celle-ci : la lecture et l'écriture.
Bien sûr, je connaissais la première, mais seulement de façon abstraite et déformée par les yeux de mes parents. C'est d'ailleurs à ma mère que je dois de m'avoir permis de trouver ce bonheur que peu atteignent. C'est elle qui, à la suite d'un bouche-à-oreille, à fait étudier Harry Potter à ses élèves de l'époque.
Dès que cet ouvrage me tomba entre les mains, je succombais au charme de ce sorcier si peu extraordinaire que je le comprenais.
Je pleurais moins, mais toujours aussi fort, pour éveiller mes parents qui dormaient dans leur chambre.
Préadolescente, j'entrais dans la « cour des grands », cette jungle (car c'en est une, quoi que l'on en dise), appelée « Collège ». J'ai découvert le plaisir d'avoir des ami(e)s et de rire avec eux, mais aussi la tristesse de la trahison et de la croissance.
J'ai appris avec horreur que mon corps changeait, que je pesais un peu plus lourd et que je mesurais un peu plus chaque jour. Je ne me suis jamais haït comme je hais les nuits sans Lune, mais je ne m'aime pas comme j'aime les jours de pluie...
Je pleurais plus et plus silencieusement, je me laissais couler...
Aujourd'hui, je suis adolescente ; je suis au Lycée.
Aujourd'hui, j'écris. Je pose les mots sur mes sentiments et je me libère des trop-pleins d'émotions.
Aujourd'hui, j'écoute, et mon c½ur se met à battre au rythme des chansons que j'aime.
Parce que j'ai découvert qu'attendre la mort ne sert à rien, qu'elle finira bien par arriver, je profite de la vie.
Je ris beaucoup, je ne pleure plus, ou du moins, je le fais plus discrètement.
Mais que personne ne s'inquiète, je continuerai à sourire au futur, quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse.
Mon c½ur n'est pas de pierre, quoi qu'on en dise et, si je n'aime pas d'amour actuellement, ce n'est pas parce que j'attends le Prince Charmant, mais plutôt parce que j'attends qu'on s'intéresse à moi...
Je suis toujours la même petite fille qui ne grandira jamais vraiment...
Je suis toujours la même fillette qui ne comprend pas les changements...
Je suis une histoire qui ne demande qu'à être lue...